Salmiech
Après avoir visionné cet extrait vidéo, vous pourrez vous rendre sur le site internet de Capueval, vous allez découvrir de quelle manière ici à Salmiech on associe les styles! Cheval et capoeira!
Cela ne vous serait très certainement pas venu à l'esprit et bien Jean-Yves Bonnet et Manu Pensador L'on fés.
Les origines de la capoeira.Brasil Au début du 16ème siècle Tomé de Souza accoste sur une terre qu'il baptise Vera Cruz, rapidement renommée Brazil du nom de l'arbre au bois couleur de braise qu'on y trouve en quantité. Cette terre est peuplée de tribus indiennes. Quand les portugais tentent de les utiliser comme esclaves, ceux-ci ne font pas l'affaire (ils ne sont pas assez robustes pour les travaux auxquels on les destine et se rebellent, ce qui leur vaudra d'être exterminés en grand nombre). En 1538 débarquent les premiers navires négriers sur les côtes du Brésil. Les Africains serviront à la mise en route de l'économie Brésilienne comme main d'oeuvre dans les plantations de canne à sucre, café, coton, cacao, tabac..., plus tard dans les mines d'or et de diamants.
Les dégâts de la traite des esclaves sur le sol africain sont énormes, du point de vue des pertes humaines on estime que pour un individu capturé 4 trouvaient la mort, ce qui représente entre 1700 et 1850 environ 5 millions de tués... Sans compter que...
Vers 1850, 9/10ème des noirs de Bahia, qu'il soient esclaves ou affranchis sont d'origine Nago ou Yoruba. La traite des noirs est abolie en 1850, l'esclavage en 1888. En 1889 Rui Barbosa, le ministre des finances de l'époque fera brûler tous les documents officiels relatifs à l'esclavage - soit disant - pour "laver cette tâche de l'histoire du Brésil", mais plus vraisemblablement pour éviter à l'Etat d'avoir à dédommager les exploitants agricoles des pertes causées par l'abolition... Résistance
7 ans est la durée de vie moyenne d'un esclave sur le sol Brésilien. IL y en a qui tentent d'échapper à leur condition et s'organisent individuellement ou en groupe. L'insoumission prend plusieurs formes: sabotage du matériel, sabotage du travail mais aussi suicides, avortements, meurtre des chefs d'exploitation, évasions...
Les esclavagistes avaient généralement pris soin d'éviter les regroupement ethniques suivant le principe de diviser pour mieux régner. Cependant la séparation n'est pas toujours facile à faire dans des régions où on importe beaucoup d'esclaves. Cela profite à ceux qui en se rassemblant, parfois guidés vers l'intérieur des terres par les Indiens, vont former des quilombos: villages de résistance qui reconstituent sur le sol Brésilien des communautés basées sur les modèles Africains.
A la fin du 19ème siècle des quilombos se forment de plus en plus près de certains centres urbains, comme c'est le cas à Rio, pour devenir progressivement les quartiers de périphérie qu'on nomme aujourd'hui "favelas". Marginalité 1888: Abolition de l'esclavage au Brésil. Jusqu'à cette date on encourageait ceux qui étaient esclaves à conserver les pratiques religieuses, culturelles qui étaient les leurs, celles-ci faisant office de soupape de sécurité là où les existences étaient insoutenables. En 1889 s'ouvre une époque où l'africanité est bannie, les pratiquants de cultes animistes afro brésiliens sont poursuivis, la capoeira est interdite, les capoeiristes sont persécutés, traqués sans relâche. A Rio la formation de bandes (maltas) souvent rivales, organisées par quartiers trouble l'ordre publique. Les politiques qui prétendent les combattre les utilisent secrètement lors des affrontements qui opposent monarchistes et républicains quand se pose la question de la création d'une République Brésilienne.
Finalement, à l'occasion de la guerre du Paraguay les capoeiristes sont raflés dans les rues de Rio, recrutés de force dans les prisons, pour être envoyés en première ligne au sein du Batalhâo Zuavo. Au début du 20ème siècle les capoeiristes ont pratiquement disparu du pavé de Rio. En revanche dans le Réconcavo Bahiano le foyer ne s'éteind jamais tout à fait, des figures légendaires sont originaires de petits villages ex-quilombos où ils peuvent développer leur art à l'abri des chapes de répression qui pèsent dans les grandes villes. Ainsi à la fin du 19ème siècle les hauts lieux de la capoeira se nomment Nazaré, Santo Amaro (d'où est originaire Besouro Manganga), Ilha de Maré ou Cachoeira ... Malgré l'interdiction, la lutte subsiste tout de même à Salvador lors de rondes organisées au coin des ruelles, parfois sur le port, à l'abri des regards de la police... En ces temps là et pour encore longtemps les étiquettes de "voyou", "vagabond", ou "marginal" collent à la peau des capoeiristes qui sont à la fois respectés et craints...
On se souvient aujourd'hui encore de certains d'entre eux qui se rendirent célèbres: Maré, Samuel Querido de Deus, Siri de Mangue, Pedro Poretta, Sete Mortes, Aberré, Pedro Mineiro et bien d'autres... C'est aussi à cette époque que commence le travail de deux individus qui deviendront plus tard les deux maîtres les plus cités dans l'histoire de la capoeira: Académies
Un grand changement intervient quand certains capoeiristes décident d'ouvrir des espaces dédiés à l'enseignement de leur art. Jusqu'alors la capoeira était une lutte qu'on apprenait en autodidacte, en observant, demandant un tuyau à l'un ou l'autre, on ne parlait d'ailleurs pas de "capoeira", mais on utilisait le terme "vadiar" synonyme de déambuler, vagabonder. Au début du 20ème siècle, plusieurs capoeiristes commencent à organiser des cours de capoeira dans la ville de Salvador. Il y a Pastinha et Bimba bien sûr mais aussi Valdemar da Liberdade, Cobrinha Verde, Caiçara, Canjiqinha, Gato ... qui progressivement contribuent à l'organisation de l'apprentissage de la capoeira.
Le Maître Bimba engage des réformes qui l'amèneront à être paria parmis les parias : il enrichit la capoeira de mouvements de projection empruntés au batuque (une lutte d'origine africaine qui se pratiquait en musique et tend à disparaître au début du siècle dernier). Au début des années 60 il n'existe plus à Rio qu'une ronde hebdomadaire qui a lieu le dimanche à la gare Central Do Brasil. Un groupe d'adolescents observe et s'entraîne en autodidacte. En progressant ils entrent en contact avec des capoeiristes de Salvador avec qui se créent des liens importants. Lors de leur première représentation publique en 1966 ils se donnent le nom de groupe "Senzala". Les protagonistes d'alors s'appellent aujourd'hui Mestre Peixinho, Sorriso, Garrincha, Nestor Capoeira... C'est au même moment que les capoeiristes Bahianais commencent à s'exporter de manière régulière pour des démonstrations puis pour s'installer dans les villes de Rio et Sâo Paulo dans le but d'enseigner leur art. MESTRE ARY REZA BRAVA GRUPO GUERREIROS SAO JORGE
Ariosvaldo Marquès de Araùjo naît au mois d'Août 1962 dans le quartier Vasco de Gama de Salvador de Bahia au Brésil. Il connaît une adolescence turbulente, un bagareur parmis tant d'autres à qui les professeurs d'école prédisent qu'il ne passera pas les 30 ans. Attiré par la capoeira il s'oppose à un refus de ses parents qui voient cette activité d'un mauvais œil. Envers et contre tout il débute son apprentissage à l'aide d'un manuel intitulé "Capoeira sem mestre", s'entraîne en cachette donnant des coups de pieds à son traversin quand la famille s'absente. Un beau jour de l'année 1979 il rencontre par l'intermédiaire de son frère un capoeiriste nommé César et bien que le rapprochement soit difficile il parvient à convaincre ce dernier de le prendre comme élève. Les entraînements ont lieu chaque semaine dans des terrains vagues et des bosquets isolés du quartier Fazenda Grande. Rapidement Ary suit César chaque fois que celui-ci lui permet, lui enseignant les bases de son art. Quand César doit partir pour l'étranger il propose à son jeune élève plusieurs maîtres chez qui aller poursuivre son apprentissage. Le choix se fait pour le Mestre Vermelho Boxé alors responsable de l'académie de Mestre Bimba. Jusqu'à présent Ary suit une lignée de capoeiristes issus de la rue, au style tribal et rustique, et c'est toujours le cas lorsqu'au Mestre Vermelho succède le jeune Mestre Bamba. Puis il se forme pendant une période aux côtés du maître Curio, et c'est dans la perspective d'une Capoeira Angola traditionnelle qu'il enrichit cette fois son expérience de capoeiriste. A la vue de son évolution et de son acharnement maître Bamba l'incite à créer son propre groupe. En novembre 1990, celui qui sera bientôt Mestre Ary Reza Brava, reconnu par la communauté des maîtres de Salvador, crée le Grupo Guerreiros Sâo Jorge.
Après quelques déménagements il est installé aujourd'hui dans le centre de Salvador dans son académie de la Ladeira da Praça où il enseigne à ses élèves les fondements de la Capoeira et du Maculélé... Nouveau commentaire :
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